"Metafore brulante"

  

        Les chemins des Artistes se différencient les  uns des autres. Ils serpentent entre des réalisations concrètes en bois et des rêves colores sur toiles. Ils s'etendent travers des territoires enchantés .Ils jettent des ponts sur les ravins les plus profonds d'où l'on peut regarder jusqu'au coeur de Chire du monde.

Essayons maintenant de nous engager sur le  chemin que nous propose Michele Privileggi. Avançons dans la direction qu'il a ouverte de ses fortes mains de sculpteur slave: des mains qui travaillent le bois et polissent le metal dans la douce nostalgie du style Liberty mais qui tremblent, cependant, du cri deformant de l'angoisse qu'elles ressen tent.

 Le parcours de sa vie connait des annees difficiles dures, ressenties.Ses sculptures et ses dessins trouvent lentement une compacite nomade de l'esprit  une probante solidité  symbole: scea u de refus  la violence, des prevarications de l'hypocrisie ce qui ne veut  pas dire absence d'emotion, de force d'inspiration, de juste rapport entre l'homme et la matiére. Au contraire c'est le geste expressif et poetique d'une compression active, d'un  sentiment d'identification humaine qui mème dans la morphologie tourmentée des volumes et des signes, méme dans l'imagination cruelle et paisible, laisse filtrer le grondement sourd de la douleur, le vif frisson de l'indignation.

Les chemins des artistes vrais sont des  chemins de témoignage.

 Privileggi erre parmi des animaux torturés,  parmi des personnages hagards qul se tordent de douleur et tout son univers est éclairé d'une lumière à la fois froide et chaleureuse qui penetrere, qui fouille, evoquant la moindre ride de désespoir, d'alienation, d'ennui, de rare bonheur ou d'innocence.  Surtout en ce qui concerne les animaux, ces animaux qu'il voit avec d'autres yeux Ils sont d'impitoyables simulacres qui peuvent se parer, non sans une certaine ironie, de pensée ou de mémoire; non Mns le coup de grfffe du ressentiment dans la metaphore subtile et brùlante.

Dans la plénitude  formelle de ces figures  plastiques,et dans la claire évidencedes feuilles débardantes d'ironie,prend forme une synthèse poétique et artisanale singulièrement expressive. Syntèse inquiète, pensive, anxieuse entre le règne de la nature et l'enchevéntrement  forcené de l'imagination enveloppée de la chaude émotion qui traduit la forme en matière poétique.

Des animaux - journal, des animaux- miroir. Des animaux-message étoufé, pleins d'énergies morales  tels sont les animaux de Privileggi.

A travers leurs regards muets leur identité débordant de recherches douloureuses ils mettent un accent sincére sur ce jeune artiste muquel nous souhaitons une route longue méme si elle  n'est pas facile.

                                                                                  Guido de Bonis 1980